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MONDIALISATION ET DÉMOCRATIE
 

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Par Bourhan Ghalioun

 

 

Avant que l’usage du terme « mondialisation » ne devienne courant, un concept a brièvement dominé le champ des relations internationales après la Guerre Froide : celui du nouvel ordre mondial. Forgé de manière progressive, ce concept désignait d’abord le nouvel ordre économique mondial qu’avaient réclamé les pays en voie de développement dans les années 1970. Cet ordre avait constitué l’objet du discours historique adressé par le président algérien Haouari Boumedienne à l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1974, au nom de tous les pays aspirant à atteindre l’ère industrielle. En une troisième phase, le concept a été transposé au domaine des relations internationales médiatiques et a été connu alors comme le nouvel ordre médiatique mondial. Là encore, les pays en voie de développement en ont fait usage, dans leur effort pour élargir le champ de leur participation à la création des informations et des médias internationaux. L’ancien directeur de l’UNESCO, Amadou M’Baw, faisait d’ailleurs partie des enthousiastes pour ce concept, au point d’en faire l’axe de la politique de l’UNESCO pendant son mandat. De même que le concept du nouvel ordre économique mondial exprimait les protestations du Tiers-monde contre la répartition inéquitable des richesses entre nations, réclamant aux grands États industrialisés de reconnaître l’inégalité de l’échange au niveau international et, par conséquent, de cesser d’œuvrer à la réduction des prix des matières premières exportées par le monde pauvre et d’accepter d’en payer la vraie valeur, ainsi le concept du nouvel ordre médiatique mondial que défendait l’UNESCO dans les années 1980, dans un contexte d‘espoirs croissants du Tiers-monde de parvenir à réaliser la libération économique, politique et culturelle, visait à limiter la domination des agences de presses internationales relevant des États industrialisés sur la création de l’information dans le monde entier.



Cette vague continue de protestation des pays pauvres contre l’ordre mondial existant a suscité une grande peur des États industrialisés, les poussant à reconstruire les liens de coopération entre eux et à renforcer leurs alliances militaires et politiques dans le cadre du Traité de l’Atlantique Nord. Quant aux États-Unis, qui étaient la puissance la plus extrême dans son refus de revoir le système des relations internationales, ils ont considéré le projet d’établissement d’un nouvel ordre médiatique mondial comme un complot communiste visant à imposer une censure sur la liberté de presse et d’opinion. Ils ont donc décidé de se retirer de l’UNESCO en signe de protestation contre l’adoption du projet par l’organisation, et pour faire pression et contraindre Amadou M’Baw à  quitter l’organisation culturelle mondiale.



 Par leurs réactions, les États industrialisés en général et Washington en particulier ont mis un terme à tout espoir d’initier des négociations internationales multilatérales sur les principales questions concernant l’avenir de l’humanité, au premier plan desquelles figurait celle du développement lié au mode de distribution des richesses et des investissements, au transport, ou transfert, de l’expertise scientifique et technique, et donc à la crédibilité même du concept d’ordre mondial comme objet de recherches et de reconnaissance de responsabilité [accountability].



Mais ce concept ne tardera pas à renaître de ses cendres et pénétrer le domaine des relations internationales avec plus de force que jamais. En effet, après la fin de la Guerre Froide, et parallèlement à la confrontation qui a unifié l’alliance occidentale contre l’Iraq depuis le début des années 1990, ce concept fera son entrée sur la scène des relations internationales dans de nouveaux atours et avec des contenus nouveaux. Ce sont cette fois les États industrialisés qui vont l’utiliser face aux pays en développement, et non plus le contraire. Ils en transféreront également le champ d’utilisation des questions économiques, médiatiques et culturelles vers la politique et la géopolitique. Le nouvel ordre mondial, dont parlera le président américain Georges Bush père à la suite du président français François Mitterrand dans l’opposition à l’agression par l’Iraq contre la souveraineté du Koweït, ne signifiera nulle redistribution des richesses ni du capital, tant financier ou technologique qu’informatique. Il désignera en revanche l’application de ce qui sera appelé les règles de la légalité internationale, lesquelles interdisent à tout État d’en agresser un autre. Autrement dit, le concept de nouvel ordre mondial ne tend plus, comme le concept initial, vers le changement mais au contraire, il vise à consacrer les situations politiques et géopolitiques existantes. Au nom du nouvel ordre mondial, les grandes puissances qui contrôlent le Conseil de Sécurité, dont les résolutions ont été considérées comme la base de la légalité internationale, s’érigent comme garantes de la stabilité et de la perpétuation de la situation mondiale existante et interdisent tout changement susceptible de modifier la carte politique et géopolitique issue de la phase historique passée.


 

A ce moment-là se propageait l’idée selon laquelle la naissance du nouvel ordre mondial suite à la fin de la Guerre Froide ouvrirait à l’humanité, avec la garantie des États-Unis et des grands États industrialisés, de nouveaux horizons, d’abord au niveau économique – la fin de la course aux armements entre les deux camps assurant des capitaux qui pourraient être utilisés pour financer le développement dans le monde entier, et surtout dans les pays en voie de développement –, et deuxièmement au niveau politique, dans la mesure où la diminution de la tension internationale et la disparition des illusions liées aux régimes totalitaires  augmenteraient les chances d’élargissement du champ de la démocratie dans le monde entier.


 

Les espoirs quant au nouvel ordre politique mondial soutenu par les grandes  puissances n’auront toutefois vécu que quelques années. En effet, ni l’aide des États industrialisés et leur coopération en faveur du développement n’ont augmenté, ni la marche de la démocratie ne s’est approfondie ni les grandes puissances n’ont œuvré, comme promis, à appliquer le droit international. C’est tout le contraire qui s’est produit : l’émergence de ce qui fut nommé le nouvel ordre mondial s’est accompagné de guerres internes et raciales dans nombre de pays pauvres, d’une montée de la cruauté des États industrialisés dans le partage des marchés, des zones d’influence et des ressources mondiales, ceci pour faire face à l’augmentation de la compétition entre eux pour améliorer leurs exportations aux dépens des autres et surmonter la crise aiguë du chômage que vivent leurs sociétés. Il s’est également avéré que les critères n’étaient pas les mêmes dans l’application de ce que l’on a appelé la légalité internationale. C’est ce qui a poussé les critiques des grandes puissances et de leurs politiques à décrire le nouvel ordre mondial qu’elles proposaient comme un néo-colonialisme.


 

Petit à petit, le concept de mondialisation, jusque là utilisé dans des cercles restreints et à des niveaux spécifiques, se mit à remplacer celui d’ordre mondial, comme outil théorique servant à comprendre le domaine des relations internationales et leurs développements continuels sous l’influence de la révolution informatique et de la révolution technique scientifique en général. La problématique de la mondialisation a relancé la question que posait déjà le nouvel ordre mondial – j’entends la question qui comprend les deux principaux défis auxquels font face les pays en voie de développement et la réponse à y apporter: la mondialisation mène-t-elle à un accroissement des chances de développement économique et social et à une conversion vers la démocratie ?


 

Dans la réponse à la deuxième partie de la question, deux points de vue se sont affrontés, qui demeurent en conflit. Selon le premier, dans la mesure où elle affaiblit la domination de l’État national sur ses espaces culturels et médiatiques, amoindrit sa capacité à former une large base sociale de clients politiques et lie son développement au marché mondial, la mondialisation contribuera inévitablement à élargir les chances et les horizons des changements démocratiques dans le Tiers-monde. 


 

Quant au second point de vue, défendu par le courant critiquant la mondialisation - héritier des orientations marxistes de gauche et critiques en général –, il soutient tout à fait le contraire. Comme le soulignent Hans Peter Martin et Harald Schumann dans leur livre Les Pièges de la mondialisation, qui est considéré comme une référence en la matière, la mondialisation constitue la plus grande menace contre le système démocratique, non seulement dans les pays en voie de développement mais aussi dans les pays à la démocratie mûre et inébranlable, c’est-à-dire les grands États industrialisés. Le principal argument invoqué par les auteurs pour expliquer cela  est que dans la mesure où les sociétés sont dominées par la logique d’une économie mondialisée, c’est-à-dire par la recherche universelle des profits maximalisés, l’autorité politique elle-même perd son contenu et ses capacités à faire quoi que ce soit. Elle se transforme radicalement en une scène rassemblant des hommes dépouillés de leur volonté. L’État démocratique perd sa légitimité, et la mondialisation devient un piège pour la démocratie. Parallèlement à cela, le pouvoir tombera entre les mains d’une minorité de concurrents internationaux, d’hommes d’affaires, de mafias mondiales et de multinationales qui imposeront leurs politiques aux gouvernements et domineront les marchés internationaux.  


 

En bref, la soumission à la logique de l’économie vide la démocratie de son contenu et met tout le pouvoir entre les mains des capitalistes qui, seuls, décident véritablement du sort des sociétés humaines, à partir de l’impératif de la maximalisation des profits. En revanche, la démocratie nécessite l’éthique de la liberté, et un État de droit et des équilibres sociopolitiques garantis par l’organisation des partis, des syndicats et de la société civile en général. Elle requiert aussi un minimum de solidarité et de distribution équitable des richesses, qui ne peut être atteint avec ce qu’entraîne le développement de la mondialisation de marginalisation croissante du grand public et de généralisation du chômage.


 

La mondialisation nous permet-elle donc d’être optimiste quant au sort de la démocratie ou constitue-t-elle, au contraire, la plus grande menace contre celle-ci ?


 

Les tenants du premier point de vue se fondent sur deux présupposés principaux. Selon le premier, les grands États démocratiques chercheraient, ou seraient concernés par la réalisation de la démocratie dans les pays en voie de développement, afin de généraliser leur modèle sociopolitique et d’élargir le cercle de diffusion des valeurs de la liberté individuelle en lesquelles ils croient. Selon le deuxième, le capitalisme même du marché, dominant déjà dans le monde entier, suppose et requiert ce qui peut être considéré comme un marché politique analogue, qui soit son pendant et qui se base sur le principe de compétitivité entre les membres des élites sociales pour atteindre les postes de responsabilité. Cela signifierait que dans la mesure où l’on se dirige vers le libéralisme économique et que le cercle de l’influence et de la domination occidentale sur les capacités mondiales s’élargit, les chances de réaliser la démocratie dans les pays en voie de développement augmentent.

 


Mais le fait est que rien ne soutient ne soutient ces présupposés historiquement, ni logiquement. Certes, les grands États démocratiques parlent d’une généralisation des valeurs démocratiques, et craignent la domination des régimes totalitaires comme le fascisme et le communisme, mais rien ne porte à croire qu’ils soient prêts à accorder au choix démocratique la priorité dans leurs relations avec les autres États.


Petits ou grands, les États  ne définissent pas leurs politiques en fonction de principes de charité ou d’amélioration du mode de vie ou de gouvernement des autres sociétés, mais sur la base de leurs intérêts stratégiques et économiques. Et après la chute des grands régimes totalitaires, nulle menace réelle ne plane plus sur les régimes démocratiques existants, qui leur imposeraient, du point de vue de leurs intérêts stratégiques, de se mobiliser contre le danger possible. L’existence de régimes tyranniques, faibles et impopulaires, sur lesquels on peut facilement faire pression pour réaliser les intérêts des grandes puissances, se révèle plus utile à ces dernières que l’existence de démocraties reflétant inévitablement les ambitions des peuples du Tiers-monde et leur soif de justice mondiale, de développement et de participation aux politiques internationales.


A titre d’exemple, toutes les expériences modernes, réussies ou quasi réussies, qui se sont développées au cours du XXème siècle ont montré qu’il était difficile de réaliser une croissance capitaliste dans les pays en voie de développement, dans le cadre de la concurrence internationale, sans adopter des politiques répressives qui, seules, permettent de conserver un niveau de salaires bas et une soumission totale au régime. Le libéralisme économique requiert donc nécessairement ici le despotisme politique – ce dont l’image demeure visible dans le modèle des dragons et des tigres asiatiques, ainsi qu’en Chine et dans tous les pays cherchant à réaliser une accumulation de capitaux rapide à l’époque actuelle. Le temps de la concordance entre le régime libéral économique et le régime libéral politique est depuis longtemps révolu. Mais ceci n’empêche assurément pas que les grandes puissances – et c’est ce qu’elles font en réalité – imposent une coloration démocratique et une pluralité formelle à des régimes par essence répressifs, contrôlés par une des élites restreintes liées à l’étranger, et dont la sécurité et la stabilité sont gérées par des services de sécurité employant des experts des mêmes États démocratiques. Car cette coloration relève des améliorations nécessaires au système hégémonique international existant, et une condition de sa légitimation.


Mais en parallèle, il ne faudrait pas appliquer les présupposés touchant à la mondialisation dans sa relation avec les États industrialisés sur les pays en voie de développement comme le font de nombreux critiques, qui n’ont raison que dans l’essence. Car la menace que représente la mondialisation pour la démocratie dans les grands pays industrialisés ne signifie pas qu’elle constitue une menace analogue dans les pays en voie développement, ni qu’elle ferme, même partiellement, l’horizon à de tels changements. Elle menace en réalité de frapper la démocratie dans les pays industrialisés, dans la mesure où elle mène à la destruction de multiples espaces de liberté, à la fois au niveau de la politique et de la société civile – la démocratie ayant effectivement créé nombre de ces espaces individuels et collectifs. Mais elle ne renferme pas la même menace par rapport à des sociétés manquant de tels espaces de liberté, c’est-à-dire dans les pays qui n’ont pas connu la démocratie. Là au contraire, elle doit inévitablement œuvrer à détruire de nombreux murs, à l’intérieur desquels le pouvoir enfermait les différentes catégories du peuple, de même qu’elle permet la formation de nouveaux espaces, moins dociles aux mécanismes de pression et de contrôle et de sanction collective. Autrement dit, l’impact politique de la mondialisation n’est pas nécessairement le même dans les pays démocratiques et tyranniques. Ceci ne signifie certainement pas que la mondialisation mène les sociétés vers la démocratie. En revanche, ceci signifie que de manière générale, et abstraction faite de la nature des sociétés, elle a deux effets contradictoires. En dissolvant la nation, elle sape le fondement de l’éthique de la liberté et de l’État de droit, et encourage les systèmes de discrimination sociale, ethnique, religieuse et confessionnelle. En outre, en approfondissant la dynamique de la polarisation, elle détruit les équilibres sociaux et politiques nationaux et nourrit les tensions et l’instabilité à l’intérieur des sociétés. De plus, en concentrant les richesses dans certaines régions et entre les mains de catégories limitées, elle abolit les fondements d’une croissance économique qui accompagnerait celle de la population, et élargit le fossé entre le Nord et le Sud, d’où une augmentation du chômage, voire de la famine


 

Mais d’autre part, en ouvrant les espaces nationaux, à l’intérieur au détriment des secteurs politiques, et à l’extérieur les uns aux autres, la mondialisation contribue à unifier les normes et crée une conscience commune ou mondiale des problèmes humains. Cela signifie qu’elle approfondit la conscience démocratique, fait de la démocratie un modèle de référence pour tous les habitants de la terre et créé progressivement des mécanismes de solidarité mondiale, qui n’existaient pas jusque là, et qui contribuent sans doute à des orientations permettant  d’élaborer des solutions mondiales ou collectives.
 


Le paradoxe de la mondialisation consiste donc en ce qu’elle nourrit les revendications démocratiques mondiales en même temps qu’elle contribue à affaiblir les conditions objectives d’instauration de régimes démocratiques vivants et stables. Tout ceci fait de la démocratie de la mondialisation une démocratie universelle, mais avec des normes et des critères multiples et dissemblable, transformant peut-être le concept classique puissant des libertés individuelles en une sorte d’illusion.


 

Cela signifie que l’impact de la mondialisation est lié à la nature des sociétés qui lui sont soumises. Elle secoue les anciens régimes tyranniques désuets autant qu’elle augmente la fragilité des régimes de la démocratique classique. Et bien qu’il y ait une forte tendance à l’adoption d’une démocratie exécutive formelle dans des régimes camouflant une tyrannie de la minorité, la contradiction ira s’approfondissant entre et les critères de référence et une réalité incapable de les réaliser.

 

Ceci mènera nécessairement à des modifications à l’intérieur même du système de la mondialisation. En réalité, cette dernière n’augmente pas les chances de la démocratie ni ne les diminue; mais elle sape les fondements des modèles classiques de celle-ci. Et il ne sera possible de reconstruire la démocratie dès à présent qu’à partir de l’horizon mondial c’est-à-dire d'un horizon dépassant le nationalisme étroit, principe de la solidarité sociale qui a permis d’établir la démocratie nationale. Mais la mondialisation permet-elle d’instaurer les forces ou les alliances sociales et politiques mondiales capables de réaliser une solidarité de niveau mondial, et faire faire un bond à la démocratie nationale elle-même ?


 

La réponse est positive. Dans la mesure où la mondialisation libérale existante contribue à détruire les structures démocratiques et à diffuser le chaos dans les relations sociales et internationales, elle suscite – et continuera de le faire – des mouvements de protestation et de contestation, et fera naître des forces variées qui ne pourront résister au système que pour autant qu’elles réussiront à découvrir et à élaborer la formule permettant d’établir une alliance au niveau mondial, condition de rétablissement de la démocratie et de ses valeurs dans la réalité effective.


L’avenir de la démocratie, et partant celui des sociétés humaines, à l’ère de la mondialisation dépend du résultat du conflit entre les forces matérialisant dans leur programme la priorité politique et sociale - c’est-à-dire la logique de la solidarité humaine, solidarité considérée au-delà des frontières nationales -, et les forces incarnant la logique de l’expansion économique et de ses priorités – qui remettent en question l’utilité de l’État national et poussent au démantèlement des sociétés qui y vivent en faveur de la domination de coalitions économiques et du nombre limité de grandes puissances qui profitent de leur implantation.


 

L’établissement de la démocratie mondiale ne se réalisera effectivement qu’en tant qu’issue à ce conflit, et pour autant que  les forces internationales de résistance à la mondialisation libérale réussiront à développer rapidement des institutions de solidarité mondiale supra-nationales, et à réaliser des profits politiques continuels leur permettant de dominer progressivement le capital mondialisé, c’est-à-dire finalement de soumettre la logique du gain basée sur la libre concurrence à celle de la société humaine fondée sur les priorités de l’éthique de la solidarité, de la coopération et de l’harmonie.

 

 

Traduit de l’arabe par Viviane Salloum

Texte originale paru dans le magazine "Nour", Le Caire 2003

 

 

Bourhan Ghalioun est le Directeur de  Centre d’Etudes sur l’Orient Contemporain (CEOC) à Paris, il enseigne  également la sociologie politique à l'université de Paris III (Sorbonne Nouvelle). Il a obtenu son Doctorat  en Science Politique  du Sorbonne. Il est aussi écrivain de plusieurs essais:  Le Malaise Arabe, l’Etat contre la Nation; Islam et Politique: la Modernite Trahie; Crise de la Politique: l’Etat et la Religion et La Culture Arabe: Entre Modernisme et Traditionalisme; également et plus de cent articles académiques dans différents journaux sur l'islam politique,  Arabe Culture politique,

Etat et Relations sociaux dans le monde Arabe.

 

Les textes traduits sur ce site © Fondation Heinrich Böll - Bureau du Proche-Orient

 

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